Midland

(Tiens, des Lecomtes !)

2010 étant arrivé plus vite que prévu (?), Papa et Maman Gwe sont de retour chez les bucherons. Comme ils ne veulent pas déranger, ils se sont prévus tout un périple en Ontario, histoire de tenter l’overdose de couleurs automnales. Il a fallu insister très fort pour obtenir le privilège de passer un week end avec eux. Mais on s’améliore, question négociations, et donc nous sommes partis tous les quatre explorer la région de Midland.

Pour être VRAIMENT honnête, je dois préciser que Jérôme et moi Y étions déjà allés vite fait avec les Tonton’s. Mais vite fait.

En bons explorateurs, on a commencé par tenter de pactiser avec les indigènes : direction les Hurons. Enfin, leur village reconstitué et le musée qui est censé leur être consacré, parce que des Hurons, y’en n’a plus guère. Je n’ai pas été très convaincue par le musée, qui expose des milliers d’objets, certes un peu anciens mais très hétéroclites, sans aucone explication et la plupart de temps sans même une date. Par contre, la visite du village Huron était très agréable et instructive.

Village Huron

Les hurons tiennent leur nom de la bienveillance des envahisseurs blancs, qui trouvaient que leurs coiffures ressemblaient à des poils de sanglier (sanglier => hure => hurons). Entre eux, ils s’appellent plutot wendat, ou Guyandot. Ils habitaient avec toute leur famille voire toute la tribu dans les “maisons longues” que vous pouvez voir (intérieur et extérieur) sur les photos, là. J’avoue que je m’attendais un peu, en bonne ignorante, à voir des tipis (ben oui, quoi, ce sont des indiens, non?), mais en fait, non. Les maisons longues et les constructions communes (maison pour donner des bains de vapeur aux malades, maison du shaman, etc…) ont des charpentes de bois et sont recouvertes d’écorces d’arbres. On a appris quelques légendes et des tas de coutumes et mode de vie de ces bucherons avant l’heure. Par exemple, (avis aux amateurs de Terry Pratchett), les Hurons pensaient que la terre était peuplée d’animaux et d’oiseaux avant qu’une femme enceinte ne tombe du ciel au dessus de l’océan, emportant un arbre dans sa chute. Des oies la rattrapèrent de justesse mais ne savaient où la poser. La tortue demanda aux autres animaux de mettre de la terre sur sa carapace, et des plantes, et tout ça, si bien que cela forma une ile où la femme survécut et passa le reste de sa vie, enfantant et peuplant la terre avec les hommes. Marrant, non?

Ensuite, on est allés se ballader au Wye Marsh Wildlife Center. C’est un parc naturel pas hyper grand mais très beau et calme et très bien animé par un groupe de passionnés de nature. Il est impossible de ne pas y voir d’oiseaux, en particulier les cygnes trompette (en raison de leur cri), comme celui sur la photo en bas à gauche.

Extraits du wye marsh life center

Après une deuxième ballade, très arrosée celle-là (les Lecomtes se sont fait bombarder par des oies incontinentes, vous le croyez, ça?) nous avons rejoint le Bed and Breakfast pour y découvrir des chambres ravissantes, une hotesse charmante, et un chien aux intestins délicats. Le petit déjeuner du lendemain fut pan-ta-gru-é-lique…

Nous nous sommes ensuite embarqués pour une croisière parmis les non pas 1000, non pas 4000, non pas 10 000 mais oui mesdames et messieurs … 30 000 iles !!! Là encore, les photos parlent d’elle-mêmes :

Aperçus des 30 000 iles

Et enfin, il y a à Midland un deuxième village reconstitué, celui de Ste Marie au Pays des Hurons, village de jésuites prêcheurs ayant décidé “d’apporter la foi” aux indiens. Quelques Hurons s’y sont laissé prendre, désireux de partager les progrès techniques et de s’assurer la protection des hommes blancs. Mais les autres iroquois se méfiaient des européens et devinrent aggressifs envers les jésuites et les Hurons. Au final, la guerre avec les iroquois, les cissions entre familles (convertis / non convertis), et les maladies apportées par les européens affaiblirent les Hurons. Le coup de grâce leur fut donné par les jésuites, qui, leurs deux supérieurs s’étant fait massacrer par les Iroquois, brûlèrent leur village de Ste Marie etc. et abandonnèrent les indigènes à leur sort. Bon, j’avoue, je résume un peu, mais à peine.

Bref, le village est néanmoins intéressant à visiter, les gens en costume d’époque qui y traînent sont très calés et répondent à toutes les questions… La visite nous a bien plu.

Ste Marie au pays des Hurons

En haut à droite, c’est l’Hôpital (dans la même pièce, dos au photographe, y’avait une série de cercueils appuyés contre un mur… Histoire de convaincre les malades de bien faire leurs prières ?), et en bas à gauche, pour les avertis, c’est la preuve que les jésuites, ben y savent pas tasser leur bois. Y’a des bouts qui dépassent, et les gros morceaux y sont tous sur le dessus et si c’est pour faire ça c’est pas la peine, autant que je le fasse moi-même … euh, pardon, je me laisse emporter. Je ne peux m’empêcher de mentionner quand-même que le village comporte deux enceintes, et l’espace entre les deux enceintes est réservé aux non-convertis (ben oui, chez les jésuites, on aime son prochain, mais y’a quand-même des limites).

Bref, après toutes ces visites il s’est fait l’heure de rentrer à Toronto, par les petites routes s’il vous plait !

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